Ludwig Van Beethoven - Oeuvres incluses dans la saison 2003/2004
Meeresstille und glückliche Fahrt
Composée en 1814 et publiée en 1822, cette oeuvre pour
chœur à quatre voix et orchestre juxtapose deux poèmes de
Goethe. Les deux parties offrent un fort contraste. Le grand calme
mélodique de Meeresstile traduit le calme d’une mer d'huile.
Cette sérénité ne va pas sans une certaine
inquiétude qu’expriment sous forme de cris les deux
«immensités sans bornes». Lorsqu’arrive la brise, le
voyage, «glückliche Fahrt», retrouve son entrain et sa
gaité, pour se terminer au port dans un léger clapotis de
vagues. L’une et l’autre pièces traduisent bien, dans sa
simplicité, l’esthétique du poète.
Romance en fa Opus 50
Sans que l’on connaisse précisement la date de leur
création, les deux romances écrites par Beethoven ont
été imprimées en 1803 et 1805, peu avant le seul
concerto pour violon qu’il ait écrit. Beethoven sacrifiait
à la mode établie depuis que Herder avait fait
paraître son recueil de chants populaires en 1779. Les
«romances» étaient de courtes compositions
évoquant des pièces vocales. La romance en fa fait
intervenir un style de virtuosité qu'attendaient à
l'époque les mélomanes viennois.
Messe en ut Opus 86
C’est en 1807 que Beethoven remet sa Messe en ut au Prince Nikolaus
Esterhazy commanditaire de l’œuvre. Il s’est attaché à
moderniser le genre, provoquant quelque surprise de la part du Prince.
Le «Kyrie» commence et se termine en ut majeur, avec une
modulation en mi majeur pour le «Christe». Le
«Gloria» débute par une explosion de joie, suivie
par le thème très chantant de «Gratias
agimus» où le choeur répond de courtes phrases au
ténor. Le «Qui tollis» est traité de
façon pathétique avec la psalmodie du choeur sur
«miserere nobis». Le «Qui sedes», en ut mineur,
évoque la terreur du jugement dernier, avant que le
«Quoniam» ne revienne triomphalement à la
tonalité d’ut majeur, introduisant la fugue du «Cum sancto
spiritus» et l’«Amen» final.
La profession de foi du «Credo» est affirmée dans un
style quelque peu guerrier, et souvent à l’unisson. Puis le
«Crucifixus» est scandé par le choeur, avant que la
mort «Passus est» ne soit évoquée par des
motifs hachés avec des arpèges de septième
diminuée. Arrive alors le «Et resurrexit» qui
traduit avec jubilation la foi en la résurrection et le monde
à venir, avec la fugue finale «Et vitam venturi
saeculi». Le «Sanctus» baigne dans une
atmosphère très recueillie, en la majeur, avant un
«Pleni sunt» glorieux et un «Hosanna»
traité en fugato. Le «Benedictus» est chanté
par le quatuor de solistes, qui s’appuie sur les répons du
choeur. L’«Agnus Dei» débute très sombrement
en ut mineur, avec des mélodies suppliantes. Un premier
«Dona nobis pacem» apporte une note d’espoir, mais il est
interrompu par un retour aux supplications du début, avec un
«Miserere» dissonnant. Un second «Dona nobis
pacem» ramène la paix, en terminant d’ailleurs très
exactement sur la mélodie du début du «Kyrie».