Oeuvres incluses dans la saison 2005/2006
Johann Christian Bach 1735-1782
Sixième et dernier fils de Jean Sébastien Bach et de sa deuxième femme, Anna Magdalena, Jean
Chrétien Bach naît à Leipzig en 1735 alors que son
père a déjà 50 ans. Il a 15 ans lorsque celui-ci
meurt. Cela explique sans doute que la musique de Jean Chrétien se démarque notablement de celle
de son père. A la mort de celui-ci, Jean Chrétien retrouve son frère Carl Philipp Emanuel, claveciniste
à la cour de Frédéric le Grand. Il y
découvre le style galant et l’influence de l’Italie.
Grâce aux contacts noués à Berlin, il trouve un
emploi de compositeur à Milan et devient organiste à la
cathédrale de Milan en 1760, moyennant une conversion au catholicisme. Il travaille à Bologne avec le
Padre Martini, et compose aussi bien pour l’opéra que pour
l’église. Sa réputation grandit rapidement.
Il est invité à Londres où il devient en 1762 le
compositeur attitré du King’s Theatre. Il crée les
« Bach-
Abel Concerts » qui préfigurent nos concerts par abonnements. Il meurt à Londres en 1782.
L’oeuvre de Jean Chrétien Bach comprend de nombreux opéras, des symphonies, des concertos, des
sonates, de la musique d’église. Sa musique annonce
l’école viennoise, et sera un modèle pour le
jeune Mozart, son cadet de 21 ans.
Credo et Gloria
Jean Chrétien Bach a composé un « Kyrie », un
« Credo » et deux « Gloria ». Il ne semble pas
que
ces oeuvres aient été conçues pour être
assemblées dans une messe. D’abord parce que les
tonalités
sont différentes, ensuite parce que leur importance est très variable.
Le « Credo » en Ut majeur, relativement court, est écrit pour choeur et orchestre, sans solistes,
probablement à l’occasion d’une liturgie ordinaire.
Le « Gloria », en Sol majeur, beaucoup plus long, a
certainement été composé pour une
cérémonie
plus importante. Il présente plusieurs caractéristiques étonnantes, à commencer par le rôle de
l’orchestre.
Chaque verset de l’oeuvre débute par une longue introduction orchestrale, avec une mise en valeur
de plusieurs instrumentistes. Ensuite le choeur n’intervient qu’à trois reprises : en entrée avec un
« Gloria » qui n’est pas sans rappeler celui de
Vivaldi, puis sur « Suscipe deprecationem » avec une
fugue dont la qualité remarquable reflète probablement
l’héritage de Jean Sébastien Bach et du Padre
Martini, et à la fin de l’oeuvre « Cum sancto
spiritu ». Les autres versets sont confiés à des
solistes.
Ce Credo et ce Gloria, tirés de manuscrits conservés au monastère d’Einsiedeln en Suisse,
témoignent des qualités de compositeur de Jean Chrétien Bach. Elles permettent de mieux
comprendre l’attirance que ce musicien a pu exercer sur Mozart,
pour qui le « grand » Bach n’était pas
Jean Sébastien, mais bien Jean Chrétien.
Johann Sebastian Bach 1685-1750
Cantate BWV 27
Cette cantate illustre parfaitement le style de Jean Sébastien lorsqu’il adapte ses compositions
liturgiques au thème de réflexion d’une
cérémonie religieuse. Composée en 1726 pour le
16ème
dimanche après la fête de la Trinité, elle accompagne une méditation sur la vanité des choses
terrestres et l’espoir de rejoindre le Seigneur.
Un premier choral « Qui peut prévoir sa dernière
heure, Dieu seul connaît la fin de tout » alterne les
répons de la soliste et du choeur, accompagnés par l’harmonie lancinante des cordes et des hautbois.
Suivent deux récitatifs et deux airs « Sur terre je
n’ai d’autre but que de mener une vie sainte »,
« Mort
sois la bienvenue lorsque tu voudras de moi ». « Ah ! si
j’étais déjà au ciel, j’irais enfin me
reposer
dans la félicité suprême », et « Adieu
vain bruit du monde, près de Dieu je m’élève
».
Tous ces versets sont accompagnés d’une musique
très sobre et plutôt austère. Ils conduisent
à une
sérénité profonde qui s’exprime dans le magnifique choral final.